Au mois de juin, certains passants ont été témoins d’une scène intrigante aux abords de l’établissement : des élèves se promenaient avec une pancarte autour du cou dénonçant de mauvais comportements. Cette expérience sociale a été mise en place dans le cadre du cours de Sciences Économiques et Sociales, afin d’étudier la déviance et de comprendre comment la stigmatisation et l’étiquetage influencent les individus.

 

Quelles conclusions les élèves ont-ils tirées de leur propre expérience ?

Les élèves de première, accompagnés de leur professeure, ont analysé l’exemple des shaming penalties (« châtiments de la honte ») aux États-Unis : il s’agit d’obliger une personne condamnée pour une infraction mineure à se promener en affichant publiquement ses actes sur une pancarte. Ils ont alors imaginé les conséquences de la mise en place d’un tel dispositif à Vauban, en remplacement des heures de retenue, pour sanctionner des comportements déviants (triche, harcèlement, dégradation de matériel, etc.) au sein de l’établissement.

À tour de rôle, les lycéens ont donc mené l’expérience afin de répondre à la question suivante : Est-ce que le « châtiment de la honte » provoque une réaction des passants qui pourrait être dissuasive pour l’élève ?
Les participants devaient observer et noter les réactions des piétons, puis les analyser pour faire émerger des tendances (liées à l’âge, au sexe, ou encore au message inscrit sur la pancarte, etc.).

Quelques témoignages des participants

« Nous avons reçu beaucoup de mauvais regards, souvent du sexe opposé ! J’ai été davantage dévisagé par des femmes, tandis que ma camarade l’a été surtout par des hommes. »

« Au début, je baissais les yeux parce que j’avais honte, alors que je n’avais rien fait. J’entendais des murmures du genre : “C’est minable”, “C’est choquant”, “C’est du n’importe quoi”. Les gens chuchotaient beaucoup autour de moi. »

« Certaines personnes nous ont directement posé des questions et ont rapidement compris que c’était une mise en scène. Ils avaient globalement entre 30 et 50 ans  et étaient majoritairement des travailleurs du quartier de Gasperich. »

Le projet a permis à la classe de mieux comprendre les mécanismes sociaux de la déviance et de la stigmatisation, tout en ouvrant le débat autour des punitions alternatives.